Ce week-end, c'était virée au plat pays pour les 40 ans de ma GrandeAmie de fac. Qui dit week-end dit amis, qui dit amis dit famille.

Il y avait donc GrandeAmie (un mari, deux filles, un chien et une maison de 350m carré, non je ne mens pas, y' a 7 chambres).

Il y avait donc LaGrandeGirafe (un mari, une fille, un garçon, un chat et un petit parcours pma pour opk réglé sous clomid).

Il y avait donc la soeur de la GrandeAmie (un fils, un nouveau compagnon et une séparation pas encore digérée).

Il y avait donc nous (un MonsieurCaillou, une MlleChou, zéro enfant, zéro animal).

Voilà pour ceux qui dormaient sous le même toit. Car il y a une grosse fête pleine de monde. De toutes les nationalités. De toutes les couleurs. De toutes les saveurs.

Et un seul couple nullipare, je te le donne dans le mille : nous ! Youpi !

Voilà, voilà, voilà. Pendant trois jours, l'emploi du temps a été réglé sur les heures de siestes, de biberons, de bains, de changements de couches, de dvd de la "Rein*e des Nei*ges" (passé presque en boucle), de conversations passionnantes sur les couches Truc, les régurgitations, les accidents nocturnes, la maîtresse pas top, le nouvel emploi du temps du grand et j'en passe. Le tout ponctué de grands moments de solitude. Pour moi la solitude. Quand on est questionné sur le "comment s'est passé ton entretien ?" (c'était vendredi soir, ça a duré 1h40 et j'attends des nouvelles, merci de demander !) et qu'aucune phrase ne peut être terminée ou s'évanouit dans les airs quand un drame (ou un miracle, "elle rampe !") enfantin se produit. Là, d'un coup, d'un seul, tu sens bien que tu ne vis plus la même chose que tes amies de longues dates (on faisait nos études ensemble, autant dire qu'on a un peu fait les 400 coups) et que tes petits drames du quotidien ne font pas le poids. Tu sens bien qu'il ne faut pas la ramener avec tes virées ciné/expo/restau, tes grandes voyages à l'autre bout du monde mais aussi et surtout avec tes soucis (mutation/pas mutation ? ; démission/pas démission ?; déménagement/pas déménagement ?). Cerise sur le gâteau, tu ne la ramènes surtout pas avec la pma. Car c'est dans la tête, hein. La palme revient au mari de GrandeAmie (il a toujours été un peu con) qui n'a cessé de répéter durant trois jours "Faites des gosses qu'ils disent", "Faut en profiter avant, parce qu'après c'est foutu", "Pourquoi en faire, la planète est déjà surpeuplée!". Sans jamais aborder frontalement le sujet. Car je sais qu'il sait. Jamais on nous a demandé comment nous allions, comment nous vivions ce problème. Alors, en boucle, je me suis chanté silencieusement le célèbre refrain de la Reine des N*eige "Connard, connard, connard". 

Je suis rentrée épuisée et contente de retrouver notre (petit) chez-nous sans trace de purée ou de bave sur le canapé. Ce fossé existe depuis l'arrivée des enfants de chacune de mes amies. Mais là, en vase clos, et en minorité, ce fut l'immersion de trop. L'impression qu'il est de plus en plus difficile de raccrocher les wagons, et surtout que ce rôle ne revient qu'à moi, uniquement à moi (minute Galiméro). Leurs enfants font partie intégrante de leurs vies, je le sais, mais il leur semble difficile de compartimenter, d'arriver à être autre chose que des parents. Puisque nous sommes les nullipares de service, ils devraient profiter de nous pour "s'évader". Mais non, inexorablement, ils nous attirent dans leur quotidien. Pas drôle, leur quotidien. Qui ne fait pas envie, leur quotidien.

Quelque part, ils sont presque à eux seuls une publicité pour tous les moyens de contraception (additionnés pour plus de sécurité).